un beau film de genre 
Toujours fidèle à lui-même, Ringo Lam nous montre l'univers carcéral sans complaisance, mais sans tragégie non plus. une vie quotidienne qui pour vite être ennuyeuse à suivre sans l'immense CYF qui s'approprie l'écran par son interprétation hors norme. grace à lui, on ne s'ennuie pas une seconde, passant du rire à l'émotion ou à la folie. Tony Leung KF , sans démériter, a parfois du mal à faire le poids. Mention aussi pour tout les seconds rôles. Au final, un film simple, efficace et unique par la prestation de CYF.
27 septembre 2003
par
jeffy
Prison mes frères 
Ce film a vingt ans dans la vue, autant dire qu’il a vieilli. Comme un bon
Raoul Walsh, c'est à dire bien. L’homme y est idolâtré, sent la sueur à 100 lieues et plus il est nombreux dans un espace délimité, plus il foire à s’y entendre. Il s’y met régulièrement sur la tronche pour un oui ou pour un non. Avec tout ce qu’on s’est mangé récemment question univers carcéral, le trash « Prison on fire » ne l’est plus tant que ça. Les violentes séries
Oz et
Prison Break ont redéfini les règles et ce
Ringo Lam de 1987 n’apparaît plus dès lors que comme un conte limite fleur bleue. Un comble pour son réalisateur ? Non, un
Midnight Express, toujours aussi glauque, date, lui, de 1978. Ringo Lam est un des plus grands admirateur de l’homme, il est beaucoup moins nihiliste qu’on a bien voulu le dire et toujours à même de faire pousser une jolie fleur sur un tas d’excréments. Bleue, la fleur. Son beau
In Hell, qui clôture sa fausse trilogie carcérale, prolongera ses réflexions sur la question de façon intéressante. Avec cette fois un papillon en guise de fleur.
Redécouvrir un
Chow Yun Fat aussi charismatique rend compte du manque actuel en la matière dans l’ex colonie. Son personnage n’y a jamais été aussi magique, optimiste. Il danse et chante comme un môme indifférent au tas d’horreurs sur lequel il gesticule, nous fait une démonstration de vie provocante, fascinante.
« J’aimerais tant ne pas être aussi négatif » avoue le réalisateur dans la courte interview disponible sur la galette du DVD de chez HK Video, judicieusement sorti pour, on l’imagine, profiter d’un engouement du public pour ce type de schéma narratif. Le héros de
The Killer y est le vecteur de joie du réalisateur, son gavroche, dans un monde qu’il exècre. Les quelques pas de danse que l’acteur esquisse dans
City on fire, l’insouciance qu’il chante dans « Prison on fire » sont les renforts d’un ami, un camarade venu nous aider à traverser un long couloir de terreur. Il aide ainsi Yiu joué par l’excellent
Tony Leung Ka-Fai, véritable avatar de Ringo Lam en l’occurrence, à traverser ce cauchemar. Ici une prison, ailleurs une ville, des lieux avec leurs institutions propres et leur linge à l’inverse plutôt sale. Mais l’indifférence, la légèreté et le mépris n’y changent rien : au final il faudra en découdre frontalement avec le mal lors d’un exutoire qui a toujours autant de gueule.
Roy Cheung est épatant en maton borné, bad guy de notre pellicule, et son affrontement avec CYF conserve la rage d'antan. Cerise sur le gâteau: revoir les trombines de
Tommy Wong et
SHING Fui-On, régulièrement mitraillés chez John Woo, fait franchement chaud au cœur.
Un mouton et un singe sont dans un zoo...
Prison on fire a beau être violent et offrir un tableau peu complaisant de l'univers carcéral à Hong-Kong, son aspect reste néanmoins au niveau de celui d'un enfant de choeur comparé au très glauque et desespéré
In Hell (2003) du même Ringo Lam. La présence de Chow Yun-Fat y est sans doute pour beaucoup : éternel grand gamin qui ne pense qu'à rigoler, il amène une dose d'humour et de dérison bienvenue au film même s'il cache par ce biais une face plus sombre et plus fataliste de son personnage. Face à lui, Tony Leung KF est plutôt convaincant en grand naïf binoclard, un "créatif dans la pub" qui découvre un milieu qu'il n'aurait jamais dû cotoyer.
Au delà des scènes d'action et de l'ode à l'amitié pour supporter des conditions de vie éprouvantes,
Prison on fire interroge le spectateur sur le rôle et l'efficacité de la prison comme moyen de punition dans une société, à la manière de
Slam ou
Midnight Express. Les citoyens sont-ils mieux protégés lorsque des prisonniers sont libérés après avoir subi brimades, privations, menaces, bagarres ou intimidations de gardiens corrompus ? La réinsertion des repris de justice est-elle optimisée avec ce système ? Les tensions entre les différents protagonistes, les luttes d'influence, les couperets permanents rôdant autour de celui qui ne respecterait pas les codes de la prison sont en tout cas très bien mis en exergue par Lam.
Un beau film sur la mini-société qu'est l'univers carcéral, et un nouveau rôle inoubliable pour Chow Yun Fat
Réalisé
la même année que City on Fire,
Prison On Fire prend pour cadre le monde de la prison. Mais si le lieu
diffère des polars classiques, les situations et les thèmes
sont plus ou moins les mêmes. Tony Leung joue le rôle de l'agneau
jeté dans la tannière des loups, et Chow
Yun-Fatle brigand au grand coeur. L'histoire se déroule ensuite
entre bagarres, trahisons, émeutes, déprime et espoir.
Si vous avez déjà vu City On Fire, vous connaissez
l'approche de Ringo Lam: on est
plus proche du documentaire que du lyrisme de John
Woo. Pas d'effets de styles, pas d'évènements grandiloquents,
juste une vue sur la vie de quelques hommes en prison. Le scénario
ne contient donc aucun retournement de situation, pas vraiment de montée
en tension même si la violence augmente au fur et à mesure, mais
un récit assez décousu, sans but précis ni apparent,
ce qui n'est pas spécialement une critique.
L'interprétation
est de bon niveau, avec un Tony Leung assez convaincant dans son rôle
de bleu assez naïf. Quant à Chow
Yun Fat, il fait du Chow Yun-Fat. Les fans adoreront, les détracteurs
détesteront. On ne peut pas imaginer que les acteurs intervertissent
leurs rôles respectifs tant le rôle de Ching semble avoir été
écrit pour Yun Fat, acteur fétiche de Ringo Lam. Leur collaboration
est à nouveau assez réussie, même si un peu moins poignante
que celle de City On Fire. Reste tout de même un film intéressant,
assez optimiste pour un Ringo Lam, qu'on a connu plus désespéré.
Un film d'espoir dans un filmographie de désespoir en somme.